lundi 28 juillet 2008

Les dhows de Lamu

Les dhows (ou boutres en français) sont des bateaux traditionnels de la côte orientale africaine. Il s’agit de navires de bois, de plus ou moins fort tonnage, et gréés d’un ou deux mats portant chacun une voile trapézoidale dite latine. Ces voiliers ont été popularisés par les navigateurs arabes dans tout l’océan Indien. On les retrouve en Afrique de l’est, de la Somalie jusqu’au Mozambique. Les plus connus sont probablement ceux de Zanzibar.A Lamu les dhows sont généralement d’assez petite dimension et n’ont qu’un seul mat. L’équipage est constitué la plupart du temps de deux ou trois personnes seulement. Ils sont construits (et réparés - ci-haut activités de calfatage) localement à Lamu même et à Shela. Ils servent pour la pêche, pour le transport des marchandises et des matériaux de construction (sable, blocs de corail, ciment et autres items) mais aussi des passagers. Traditionnellement à voile, ils utilisent maintenant souvent un moteur d’appoint. Le dhow de Lamu a généralement une poupe carrée (ou en tableau) alors que celui du Mozambique, beaucoup plus large, présente une poupe effilée. Il me semble beaucoup plus élégant. Depuis quelques années il a été importé à Lamu et il est maintenant construit localement. On s’en sert surtout pour les mariages et pour promener les touristes. Une croisière en dhow fait d’ailleurs partie des activités obligées de tout bon visiteur sur cette île. Il est particulièrement agréable de dériver doucement en fin de journée en observant la mangrove, les installations des tailleurs de corail ou le coucher de soleil sur Lamu.

mardi 22 juillet 2008

Shela

Shela est un petit village situé à proximité de Lamu. J’y ai habité lors de mon séjour sur la côte kenyane. Une amie de MSF m’avait recommandé une maison ou je pouvais louer à bon prix une chambre agréable avec une salle de bain et un grand balcon offrant une vue sur la mer.

En fait Hamid, le propriétaire, loue 3 chambres sur deux étages et habite en dessous. Comme la plupart du temps j’étais seul (la saison touristique commençant à peine) j’ai pu profiter des deux étages et d'une petite cuisine (sous le makuti). Un endroit bien sympathique, en plein village.

Shela était à l’origine un village de pêche traditionnel swahili ou l’on construisait des dhows. Son caractère a passablement changé avec l’arrivée de riches touristes étrangers (surtout européens) qui y ont acheté ou construit des résidences secondaires.


Cependant l’endroit a conservé un certain charme avec ses ruelles labyrinthiques, ses chats et ses ânes, ses portes sculptées et son architecture qui respecte somme toute assez bien le caractère du lieu.


Les mosquées y sont nombreuses et l’une d’elles est dotée d’un singulier minaret en forme d’ogive. Il m’a d’ailleurs rappelé une mosquée que j’avais photographiée au Yémen.


La réparation et la construction des dhows font toujours partie des activités locales. On peut observer plusieurs artisans à l’œuvre sur la plage.


Le grand attrait de Shela réside sans doute dans sa plage déserte de quelque 12 km de long, bordée de dunes de sable. On peut s’y promener en toute liberté sans presque jamais voir âme qui vive.


Seulement des ânes de temps en temps (chargés de sable), des vaches (eh oui) et même quelques dromadaires. Et même des tortues qui avaient été apportées de l’île voisine pour fins de marquage et d’identification.


Au début de la plage on peut observer une espèce de fort médiéval qui, je l’apprendrai bientôt, est en fait la résidence privée d’un riche kenyan qui (malgré les apparences) a été construite récemment. Une vision assez surréaliste!

En face de Shela (sur Manda Island) on aperçoit plusieurs résidences imposantes d’architecture plutôt éclectique.

On me dira qu’il s’agit de maisons construites pour de riches étrangers, industriels français, réalisateurs italiens ou banquiers espagnols. Ces maisons jouissent d’une plage pratiquement privée. En terminant voici une photo de Shela mais vue de l'intérieur de l'île.

dimanche 20 juillet 2008

Karibu Lamu

Lamu est une île sur la côte du Kenya, près de la frontière avec la Somalie (au nord de Mombasa et de Malindi). C’est un haut lieu de la culture swahili. J’y ai passé 2 semaines au début de juillet.On arrive donc à Lamu par la mer. L’aéroport est situé sur l’île voisine, Manda Island, juste en face. La traversée prend environ 15 minutes, un peu plus pour le village voisin de Shela ou j’ai habité. La ville (ou village je ne sais trop) est classée patrimoine de l’humanité par l’UNESCO. En raison de son architecture et aussi de son importance culturelle sur la côte swahili (comme Zanzibar et Pemba). Les habitants sont généralement de descendance africaine et arabe mélangée. Par exemple mon locateur m’a expliqué que sa famille était d’origine yéménite. La religion prédominante est l’Islam (d’observance assez stricte) et il y a des mosquées partout. De plus on utilise souvent dans la conversation des expressions arabes (comme salam alekoum, choukran, etc.). Une bonne partie des maisons de Lamu sont construites en blocs de corail (extraits et taillés à Manda) et datent du 18ème siècle. Les planchers sont supportés par des pièces de bois provenant de la mangrove voisine et on observe souvent sur les murs des décorations élaborées en plâtre. Plusieurs de ces maisons ont des cours intérieures avec des fontaines, dans l’esprit arabe. Un trait particulier de l’architecture de Lamu est le makuti, soit une sorte de pièce ouverte en toiture, et protégée par un toit de palme en pavillon. Presque tous les hôtels sont des makuti; on y trouve généralement la salle à manger et un espace de repos. C’est à cet endroit que la brise marine est la plus perceptible. Comme il fait plutôt chaud et humide une bonne partie de l’année, cet espace est très prisé.
Les portes constituent l’autre caractère distinctif de l’architecture swahili (comme à Zanzibar). Leur encadrement (linteau et jambages) est savamment ouvragé et les battants sont souvent cloutés. C’est en déambulant dans les ruelles qu’on découvre avec émerveillement les détails de chacune de ces ouvertures. Et l’entrée des anciennes maisons est dotée fréquemment d’une sorte de porche avec des banquettes maçonnées. On retrouve d’ailleurs ces bancs appelés baraza un peu partout dans la ville. On voit souvent les hommes y prendre le frais et commenter les nouvelles du jour. Une autre caractéristique importante de Lamu est l’absence de voitures. En effet les rues sont beaucoup trop étroites pour permettre ce genre de circulation (la ville datant de plus de deux siècles). Le transport se fait plutôt avec des ânes qui sont utilisés partout sur l’île, pour les personnes et pour les marchandises. Il y a quelque 3000 ânes sur l’île. On en voit partout. Il existe même à Lamu un « donkey sanctuary » ou sont recueillis les animaux malades ou blessés (sanctuaire financé bien sûr par une fondation britannique). Le transport des plus lourdes charges, et sur une plus grande distance, se fait avec des dhows, le bateau à voile latine traditionnel de la côte swahili. On peut observer un trafic continuel de ces navires sur le canal qui sépare Manda de Lamu. En terminant voici une photo du cimetière local, situé en périphérie de Lamu, doté de charmants abreuvoirs pour les oiseaux.