
Lamu est une île sur la côte du Kenya, près de la frontière avec la Somalie (au nord de Mombasa et de Malindi). C’est un haut lieu de la culture swahili. J’y ai passé 2 semaines au début de juillet.

On arrive donc à Lamu par la mer. L’aéroport est situé sur l’île voisine, Manda Island, juste en face. La traversée prend environ 15 minutes, un peu plus pour le village voisin de Shela ou j’ai habité.

La ville (ou village je ne sais trop) est classée patrimoine de l’humanité par l’UNESCO. En raison de son architecture et aussi de son importance culturelle sur la côte swahili (comme Zanzibar et Pemba). Les habitants sont généralement de descendance africaine et arabe mélangée. Par exemple mon locateur m’a expliqué que sa famille était d’origine yéménite. La religion prédominante est l’Islam (d’observance assez stricte) et il y a des mosquées partout. De plus on utilise souvent dans la conversation des expressions arabes (comme salam alekoum, choukran, etc.).

Une bonne partie des maisons de Lamu sont construites en blocs de corail (extraits et taillés à Manda) et datent du 18ème siècle.

Les planchers sont supportés par des pièces de bois provenant de la mangrove voisine et on observe souvent sur les murs des décorations élaborées en plâtre. Plusieurs de ces maisons ont des cours intérieures avec des fontaines, dans l’esprit arabe.

Un trait particulier de l’architecture de Lamu est le makuti, soit une sorte de pièce ouverte

en toiture, et protégée par un toit de palme en pavillon. Presque tous les hôtels sont des makuti; on y trouve généralement la salle à manger et un espace de repos. C’est à cet endroit que la brise marine est la plus perceptible. Comme il fait plutôt chaud et humide une bonne partie de l’année, cet espace est très prisé.

Les portes constituent l’autre caractère distinctif de l’architecture swahili (comme à Zanzibar). Leur encadrement (linteau et jambages) est savamment ouvragé et les battants sont souvent cloutés. C’est en déambulant dans les ruelles qu’on découvre avec émerveillement les détails de chacune de ces ouvertures.

Et l’entrée des anciennes maisons est dotée fréquemment d’une sorte de porche avec des banquettes maçonnées. On retrouve d’ailleurs ces bancs appelés baraza un peu partout dans la ville. On voit souvent les hommes y prendre le frais et commenter les nouvelles du jour.

Une autre caractéristique importante de Lamu est l’absence de voitures. En effet les rues sont beaucoup trop étroites pour permettre ce genre de circulation (la ville datant de plus de deux siècles).

Le transport se fait plutôt avec des ânes qui sont utilisés partout sur l’île, pour les personnes et pour les marchandises. Il y a quelque 3000 ânes sur l’île. On en voit partout. Il existe même à Lamu un « donkey sanctuary » ou sont recueillis les animaux malades ou blessés (sanctuaire financé bien sûr par une fondation britannique).

Le transport des plus lourdes charges, et sur une plus grande distance, se fait avec des dhows, le bateau à voile latine traditionnel de la côte swahili. On peut observer un trafic continuel de ces navires sur le canal qui sépare Manda de Lamu.


En terminant voici une photo du cimetière local, situé en périphérie de Lamu, doté de charmants abreuvoirs pour les oiseaux.

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