lundi 24 septembre 2007
Bo-Kaap
dimanche 2 septembre 2007
De Goma
samedi 1 septembre 2007
Pour Serge
L’assistance a accueilli cette sentence avec une vive émotion et plusieurs personnes ont fondu en larmes en entendant le tribunal militaire prononcer la sentence contre les 2 prévenus. La mère de Serge Maheshe, présente à l’audience, s’est dite consternée. La défense, sidérée, conteste évidemment ce jugement et a immédiatement annoncé qu’elle portait la cause en appel.
Je connais personnellement Serge Muhima puisqu’il travaille à l’IRC comme agent de liaison pour la sécurité. Je l’ai côtoyé dernièrement lors d’un séjour sur les hauts plateaux de Minembwe. J’ai été profondément choqué d’apprendre la nouvelle, à mon retour de Goma mercredi. Je ne pourrai jamais croire à sa culpabilité dans cette affaire. J’ai eu l’occasion d’en discuter avec le frère de la victime, Patrick, qui travaille aussi à l’IRC. Il partage mon avis et il est tout aussi bouleversé par le verdict du tribunal. La version des faits présentée en cour semble tellement improbable et sans preuves réelles que tout le procès apparaît comme une véritable mascarade. Il semble qu’on veuille trouver rapidement des coupables pour ne pas pointer du doigt les vrais responsables de ce drame.
Il reste à espérer que la société civile de Bukavu se mobilisera contre cette injustice et que les organismes représentant les Droits de l’Homme pourront faire pression sur les militaires, car la cour d’appel sera aussi militaire. Ainsi va le droit congolais… Il semble bien cependant que seule une intervention au plus haut niveau politique pourrait sauver Alain et Serge. En RDC le juridique et le politique apparaissent intimement liés et la culture de l’impunité est largement répandue. Louise Arbour, la haute commissaire aux droits de l’Homme, soulignait à juste titre ce grave problème lors de sa récente visite dans ce pays.
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