lundi 24 septembre 2007

Bo-Kaap

Première journée à Cape Town (ou Kaapstad, nom original de la ville durant les l50 ans de colonisation hollandaise – la ville a été fondée en 1652). Il fait beau et de la fenêtre de ma chambre je peux admirer au réveil la majesté de Table Mountain (photo ci-dessus), la montagne qui domine tout le centre-ville. Je décide de visiter d’abord le centre de la ville et en particulier le quartier de Bo-Kaap, le quartier malais. En fait ce secteur a été occupé depuis le 18ème siècle surtout par des indonésiens (plutôt que par des malais) de confession musulmane. Plusieurs de ceux-ci étaient des opposants politiques dans la colonie des Indes Néerlandaises et ils ont été « importés » par les dirigeants de la nouvelle colonie du Cap pour servir de main d’œuvre à faible coût (et dans certains cas de véritables esclaves). Ils se sont installés à la périphérie de ce qui était alors la cité. Maintenant le quartier, situé sur les flancs de Lion’s Head (l'autre montagne de Cape Town), a été considérablement rénové et plusieurs des petites maisons à 2 étages sont occupées par une nouvelle classe urbaine. Mais une bonne partie de la population originale occupe encore le secteur (surtout dans sa partie supérieure). Il est très agréable de s’y promener, d’explorer les petites rues et d’admirer les maisons peintes de couleurs vives (dont plusieurs ont des terrasses à l’étage) ainsi que les mosquées. Un petit musée est installé dans l’une des plus anciennes maisons (bâtie en 1763). J’y fais une intéressante visite pour connaître en savoir un peu plus sur les origines et les modes de vie de cette communauté musulmane. (photo ci-dessous). Pas d’intégristes cependant dans ce secteur… D’ailleurs une partie du quartier a été davantage « gentrifiée » et abrite maintenant le village « gay » de Cape Town (car il y en a un). On y trouve bien sûr plusieurs cafés, boutiques et restaurants.

dimanche 2 septembre 2007

De Goma

De retour de Goma (Nord-Kivu), je serai en route vers Cape Town via Bujumbura dès demain. Au plaisir de vous retrouver sur ce blogue à la fin de septembre...

samedi 1 septembre 2007

Pour Serge

Je vous ai parlé dernièrement du meurtre du journaliste de Radio Okapi ici à Bukavu, Serge Maheshe (voir les 2 Serge). Deux de ses amis, Serge Muhima et Alain Malimbi, qui l’accompagnaient lors du crime, ont été directement mis en cause et accusés d’être les commanditaires de l’assassinat. Suite à un procès militaire rocambolesque, le verdict a été annoncé ce mardi en début d’après-midi. « Pour les prévenus Alain Mulimbi et Serge Muhima, poursuivis pour association de malfaiteurs, le tribunal les déclare tous coupables d’association de malfaiteurs et les condamne sans admission des circonstances atténuantes à la peine capitale », tel a été le libellé du jugement rendu dans cette affaire.
L’assistance a accueilli cette sentence avec une vive émotion et plusieurs personnes ont fondu en larmes en entendant le tribunal militaire prononcer la sentence contre les 2 prévenus. La mère de Serge Maheshe, présente à l’audience, s’est dite consternée. La défense, sidérée, conteste évidemment ce jugement et a immédiatement annoncé qu’elle portait la cause en appel.
Je connais personnellement Serge Muhima puisqu’il travaille à l’IRC comme agent de liaison pour la sécurité. Je l’ai côtoyé dernièrement lors d’un séjour sur les hauts plateaux de Minembwe. J’ai été profondément choqué d’apprendre la nouvelle, à mon retour de Goma mercredi. Je ne pourrai jamais croire à sa culpabilité dans cette affaire. J’ai eu l’occasion d’en discuter avec le frère de la victime, Patrick, qui travaille aussi à l’IRC. Il partage mon avis et il est tout aussi bouleversé par le verdict du tribunal. La version des faits présentée en cour semble tellement improbable et sans preuves réelles que tout le procès apparaît comme une véritable mascarade. Il semble qu’on veuille trouver rapidement des coupables pour ne pas pointer du doigt les vrais responsables de ce drame.
Il reste à espérer que la société civile de Bukavu se mobilisera contre cette injustice et que les organismes représentant les Droits de l’Homme pourront faire pression sur les militaires, car la cour d’appel sera aussi militaire. Ainsi va le droit congolais… Il semble bien cependant que seule une intervention au plus haut niveau politique pourrait sauver Alain et Serge. En RDC le juridique et le politique apparaissent intimement liés et la culture de l’impunité est largement répandue. Louise Arbour, la haute commissaire aux droits de l’Homme, soulignait à juste titre ce grave problème lors de sa récente visite dans ce pays.