
Les arbres sont en fleurs sur les hauts plateaux d’Uvira. C’est ma deuxième visite dans la région de Minembwe et d'Itombwe. Et c’est un réel plaisir de

retrouver ce magnifique environnement. Mikalati, Kipupu, Kihunga, Kalonge, Lugabano, Ilundu, voici les noms de quelques communautés situées dans les collines qu’on ne peut rejoindre qu’en cheminant plusieurs heures. Des villages où IRC intervient au niveau des centres de santé en appuyant le personnel local, en fournissant des équipements et des médicaments, en rénovant ou en construisant des infrastructures (postes de santé, latrines, incinérateurs, adductions d'eau, etc.).

C’est une région de pâturages où l’on trouve surtout des vaches et des moutons. Les pasteurs sont principalement des Banyamulenge (Tutsis du Congo). C’est aussi un secteur où l’on peut trouver de l’or. J’ai pu observer cette fois-ci plusieurs creuseurs dans le lit des rivières. C’est une occupation très artisanale, on se croirait au temps du Klondike. J’ai débuté ma visite par la zone de santé d’Itombwe. A partir de notre base de Mikenge (maintenant accessible par la route), je

parcours une partie de la région. C’est toujours un enchantement de pouvoir se promener sur ces plateaux. Et je me dis que je suis vraiment privilégié d’être payé pour y circuler, et pour visiter des villages où je suis probablement le seul « mzungu » depuis des lustres. Tous les enfants se précipitent à ma rencontre. Mélange de frayeur et de curiosité au premier abord. Une curiosité qui devient vite un enthousiasme débridé lorsque je sors l’appareil photo et que je leur tire le portrait…

L’autre jour un petit garçon de Kipupu que j’avais pris sur mes genoux ne voulait plus me quitter. Il pleurait lorsque j’ai voulu le rendre à sa mère. Il m’avait adopté et voulait rentrer avec moi….

Petite anecdote : un soir, avec le médecin chef de zone, je vais en visite au camp des militaires de Mikenge. Les forces armées de la RD Congo (FARDC) occupent maintenant le village, qui était encore contrôlé par les rebelles lors de ma précédente visite en juin dernier. Je fais donc ma visite protocolaire et le médecin essaie de son côté de faire libérer un infirmier du bureau local de santé, soupçonné de collaborer avec les rebelles. Beaucoup de confus

ion dans le camp à notre arrivée car un officier chargé d’accueillir un major dans la zone s’était présenté en état d’ébriété avancée. Le voici donc mis aux arrêts en notre présence. Les commentaires des soldats fusent et nous sommes un peu gênés d’être là. La visite est quelque peu écourtée. Nous sommes en train de quitter le capitaine, un Banyamulenge fort sympathique, lorsque des tirs de mitraillettes et de mortier retentissent à proximité. Sans trop savoir ce qui se passe, nous pressons le pas pour rentrer précipitamment au village. Car on se dit que si les rebelles attaquent, c’est sûrement le camp militaire qui sera la cible. Les tirs continuent pendant une bonne trentaine de minutes, puis cela se calme. A notre base c’est la panique générale et certains sont déjà en train de faire les bagages. Nous apprendrons plus tard ce qui s’est passé, que l’armée avait attaqué des rebelles dans le village voisin (à une demi-heure de marche). Ceux-ci avaient plus tôt détroussé des vendeurs revenant du marché de Mikenge et pris quelques otages. Ainsi va la vie sur les hauts plateaux du Sud-Kivu…

Quelques jours plus tard je vivrai une autre aventure, mais beaucoup moins périlleuse. Je me rends au

village de Kihunga, dans la zone de Minembwe. D’abord 45 minutes de moto sur piste jusqu’au centre de santé de Kabingo (quel bonheur!), puis une marche de 2.5 heures jusqu’à cette communauté retirée. Il fait un temps splendide. Je fais le relevé des constructions en cours et je rencontre les autorités. Après le rituel du thé au lait bien sucré pour refaire nos forces, nous entreprenons le chemin du retour. Mais le tonnerre gronde au lointain et le ciel s’est soudain obscurci. La pluie commence bientôt et nous devons nous abriter dans l’école primaire du village. Ce qui me vaudra d’être l’attraction principale

de cette journée de classe. En attendant la fin de l’orage, j’assiste à une leçon sur le mais (où j’apprends quand même quelque chose: les principales régions productrices du Congo). Le professeur a bien du mal à maintenir l’attention des élèves. A la demande du directeur, je parlerai ensuite (sous la pluie) à l’ensemble des écoliers pour expliquer d’où je viens et ce que je fais là. Le directeur traduit en swahili et en kinamulenge (mon vocabulaire dans ces langues étant fort restreint). Quelques photos plus tard me voici reparti avec mon guide, et accompagné d’une bonne trentaine d’enfants.
1 commentaires:
Monsieur Pierre M. Bouchard,
Je suis content de visiter ton site mais je suis vraiement désolé de t'entendre que lors de ton passage à l'école primaire où tes collègues et toi avait pris réfuge pour vous protéger contre les intempéries (pluies, orages), le directeur de l'école traduisait ton message aux élèves en swahili et en kinyamulenge. Es-tu vraiment sûr d'avoir entendu une langue dite kinamulenge? Non, laisse-moi te dire que tu fais de la pure propagande ou tu as été mal informé. Il n'existe aucun peuple dans les hauts plateaux d'uvira qui s'appelle banyamulenge et par ricochet aucune langue (dialecte)kinamulenge qui existe ou qui est parlée au Congo. Dans ce coin que tu as visité les gens parlent soit le kifuliiru, soit le kibembe, soit le kirega/kinyindu ou soit le kinyarwanda.Et ce peuple auquel tu fais allusion est effectivement un peuple tutsi-rwandais que tu peux à volonté appeler congolais.
Voilà une petite lumière pour te permettre de corriger les informations retrouvées sur ton blog.
Enregistrer un commentaire