mercredi 22 août 2007

Une villa au Kivu

Il y a quelques semaines, au hasard d’une randonnée en moto dans la montagne de la région de Kalehe, Pablo (mon adjoint) et moi, nous nous sommes retrouvés dans une ancienne plantation de quinquina. En suivant la piste jusqu’à son point culminant nous avons eu la surprise de découvrir la maison de l’ancien administrateur de ce domaine. Une villa telle qu’on pourrait se l’imaginer en Provence ou dans le nord de l’Italie. Construction basse en pierre avec toiture en tuiles d’argile cuite, elle possède la particularité de comporter plusieurs sections incluant une partie circulaire assez originale. Plusieurs portes françaises ouvrent directement sur le jardin en façade et de grandes fenêtres métalliques éclairent généreusement les pièces. La maison disposait d’un vaste jardin, de dépendances en bois et en briques, d’une piscine et même d’un étang pour les poissons (d’après les dires du gardien). On en aperçoit toujours les vestiges. Elle est orientée vers le lac Kivu et devait jouir, au temps de son occupation, d’une splendide vue sur celui-ci et sur les environs. Maintenant on le devine à peine car les arbres ont beaucoup grandi. Derrière la maison les montagnes de Kalehe se profilent à l’horizon. On ne peut s’empêcher de penser que la vie devait être fort agréable dans cet endroit isolé, en plein cœur de la nature.
Cette construction méditerranéenne est pour le moins surprenante dans la brousse congolaise ou les cases et les maisons en boue séchée sont plutôt la norme. Le contraste ne pourrait être plus grand. Difficile cependant d’en préciser la période de construction mais je parierais sur la fin de la période coloniale (dans les années 50), soit à l’âge d’or des grandes plantations ici au Kivu. On trouve d’ailleurs à proximité, à Lemera, une vaste plantation de thé, magnifique et toujours en exploitation. Il faudra que j’aille y visiter un jour la maison de l’administrateur, toujours existante. Autre construction exotique dans le contexte?

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